| Jung-A LEE est une plasticienne autodidacte sud-coréenne. Diplômée d'une licence en musique à l'Université Catholique de Corée du Sud, elle est venue en France pour continuer ses études et a obtenu son master de musicologie à l'Université Lyon II en 1995. Lors de ses études de musique en DEA à la Sorbonne (2000-2002), l'atelier Acousmographe de l'Ina-GRM lui a permis de voir la musique. « Je vois ce que j'entends. J'entends ce que je vois. ». Partant de ce principe, elle a créé un dessin sonore extrait de l'œuvre « Entre temps » de Bernard Parmeggiani (2 minutes et 40 secondes), qui lui a ouvert les yeux sur les arts visuels Ses travaux se basent sur les compréhensions partielles, sélectives et accidentelles du monde des limites et des choix.
Les matériaux pour son travail ne sont pas définis. Le travail commence par quelque chose de sélectionné à l'improvisade et sensuellement parmi les objets environnants et placé sur l'établi. Elle continue son travail avec le ressenti que lui procure le matériau choisi et la compréhension qu'il apporte. La curiosité et l'anticipation des résultats qu'apporte chaque choix sont les raisons pour lesquelles elle persévère. Elle essaie intentionnellement de ne pas se souvenir de toutes les étapes de son travail afin d'obtenir des résultats différents et de se détacher de la mémoire empirique.
Dans son œuvre, il y a plusieurs couches de travail qui sont invisibles, mais qui existent réellement. La dernière couche de travail sera présentée comme une œuvre. Mais elle ne pense pas que la couche finale du travail soit l'achèvement du travail, parce que c'est juste un arrêt plutôt qu'un achèvement Elle donne des titres à ses travaux et elle écrit souvent de courtes notes, mais elle sait que celles-ci sont toujours susceptibles de changer. Puisqu'il s'agit simplement d'une compréhension partielle, sélective et accidentelle, une autre sélection partielle peut être faite à tout moment. Elle croit qu'une œuvre abstraite est un vecteur qui peut se transformer en fonction de la conscience intérieure de chacun qui la regarde. Il peut s'agir de quelque chose de nouveau qui s'écarte de la forme et du sens présentés par l'auteur, ou il peut exister tel quel. C'est un choix.
« Concernant son travail
Elle ne planifie rien.
Elle laisse le choix des matériaux à l'inspiration du moment.
Elle n'anticipe pas le résultat.
Elle ne se souvient pas, délibérément. (Elle ne cherche pas à se rappeler les choix de matériaux ni les décisions prises tout au long du processus.)
Elle ne note rien. (Quels qu'aient été ces choix au cours du processus, elle souhaite qu'ils existent en tant qu'entités uniques, chacun avec sa propre singularité.)
C'est précisément à cause de cette démarche qu'il est difficile d'expliquer en détail ses œuvres. »
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