| Alessandra Foletti Castegnaro. Née en Italie, formée en Suisse, hondurienne par choix de vie, Alessandra trace son chemin entre les volcans d'Amérique centrale, les Alpes et les côtes normandes. Artiste et anthropologue, elle a vécu et travaillé pendant plus de quarante ans auprès les peuples indigènes d'Amazonie, du Mexique et d'Amérique centrale, en particulier au Honduras.
Elle débute son parcours artistique en Suisse et en Italie par la peinture, le dessin d'après modèle vivant et la gravure. En Amazonie, elle découvre la céramique auprès des femmes potières Canelos Quichua et commence à travailler l'argile selon les techniques amérindiennes.
Au Mexique et en Amérique centrale, elle étudie et apprend les techniques céramiques mésoaméricaines anciennes, notamment le polissage à la pierre et la décoration par enfumage. Au même temps, en Europe, elle suit de cours auprès de maîtres céramistes spécialisés dans le Raku Nu et la Terre Sigillée : David Roberts, John Evans, Giovanni Cimatti etc.
Dans ses sculptures, tableaux, fresques murales et installations, l'argile " matière première, primordiale, terre-mère " qu'elle soit crue, liquide, cuite, enfumée, est au centre de son travail et dialogue avec d'autres matériaux. Dans les sculptures, elle s'étire en formes fines et audacieuses et s'étend en surfaces aux textures variées. Dans les tableaux elle devient cartes des territoires tourmentés, déchirures à fleur de peau, réalisées avec l'intervention du feu aussi.
Ces dernières années, elle s'oriente vers des œuvres de grandes dimensions, installations et Land Art. Son travail multidisciplinaire mêle techniques ancestrales et gestes contemporains dans une évolution continue, dans une attitude d'écoute et humilité, en laissant à l'argile sa liberté de devenir, le dernier mot. Son expression évoque une mémoire collective des peuples, le lien originel entre l'humain, la terre et le cosmos, les déchirures contemporaines, transcendés dans une esthétique matiériste essentiel.
Sur le plan symbolique, son œuvre, enracinée dans la terre centroaméricaine, se nourrit d'une iconographie mésoaméricaine revisitée par un regard contemporain. Elle s'inspire également de l'art matiériste européen, des maîtres du Land Art, ainsi que des paysages et des traces historiques dans le Cotentin. Aujourd'hui, elle partage son temps entre son atelier ALFAR à Tegucigalpa et ALFAR DEL MAR en Normandie.
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